Architectural Latent Space

Cours de Master d’architecture d’intérieur (MAIA) à la HEAD – Genève

Syllabus

Descriptif et objectifs

L’essor de l’intelligence artificielle générative transforme en profondeur les modes de représentation et de conception architecturale. Loin d’être un simple outil, ces technologies modifient la relation entre l’image et l’architecture, ouvrant la voie à de nouvelles pratiques où le projet se construit autant par sa visualisation que par son éventuelle matérialisation.

Ce cours explore la manière dont l’image peut devenir un espace de recherche et de spéculation architecturale. Plutôt que d’opposer réalité et simulation, il interroge la nature même des images produites : leur statut, leur valeur architecturale et les imaginaires qu’elles convoquent. Comment ces représentations influencent-elles notre compréhension de l’espace ? Quelle part de vérité et de fiction véhiculent-elles ? Quels nouveaux paradigmes esthétiques et conceptuels émergent à travers elles ?

Dans ce cadre, les étudiants seront amenés à concevoir une agence virtuelle sur Instagram, ancrée dans une posture architecturale singulière. Chaque agence développera un positionnement spécifique vis-à-vis de l’image architecturale synthétique, interrogeant à la fois son degré de réalisme, son potentiel constructif et sa fonction narrative.

Ce travail se déroulera en plusieurs étapes : analyse des productions existantes, expérimentation et hybridation d’images via des outils génératifs, structuration d’une identité conceptuelle et mise en place d’une stratégie de diffusion. L’objectif final est de produire un corpus d’images architecturales cohérent et argumenté, capable de questionner les nouveaux territoires de l’architecture à l’ère des images générées.

Objectifs pédagogiques

– Comprendre et analyser les tendances actuelles de l’imagerie architecturale synthétique.

– Explorer l’impact des IA sur la conception et la perception des images d’architecture.

– Produire un corpus d’images architecturales hybrides, basé sur des hybridations stylistiques et conceptuelles.

– Définir une posture théorique et conceptuelle autour de l’architecture spéculative.

– Développer une stratégie de communication adaptée à la diffusion des images architecturales sur les réseaux sociaux.

Méthodes et outils

– Comprendre et analyser les tendances actuelles de l’imagerie architecturale synthétique.

– Explorer l’impact des IA sur la conception et la perception des images d’architecture.

– Produire un corpus d’images architecturales hybrides, basé sur des hybridations stylistiques et conceptuelles.

– Définir une posture théorique et conceptuelle autour de l’architecture spéculative.

– Développer une stratégie de communication adaptée à la diffusion des images architecturales sur les réseaux sociaux.

Évaluation et critères de validation

L’évaluation repose sur trois éléments :

– Participation et soumission des exercices d’introduction (analyse des comptes Instagram, génération d’images de styles, cartographie des références).

– Qualité générale du projet développé (cohérence conceptuelle, pertinence esthétique, structuration du corpus d’images).

– Qualité de la présentation finale (clarté du discours, structuration du support, capacité à défendre la démarche).

Exigences de participation

Présence sur site requise. L’assiduité et la participation aux enseignements font partie des éléments évalués.
Une absence à au moins 10% du cours (1 session) entraîne un travail supplémentaire. Une absence à au moins 30% du cours (3 sessions) entraîne un échec et une note de 1/6.

Rapport pédagogique

INTRODUCTION

Le cours Architectural Latent Space, explore les mutations contemporaines de l’image architecturale à l’ère des intelligences artificielles génératives. Il part du constat que dans un contexte où les représentations numériques acquièrent une autonomie croissante, l’architecture ne se donne plus seulement à construire, mais à percevoir, à raconter, à spéculer. Ce n’est plus seulement la forme bâtie qui fait projet, mais l’image elle-même, dans sa capacité à produire du sens, de la narration, de la tension.

Plutôt que de se focaliser sur les prouesses techniques des IA, ce module propose une lecture critique des images synthétiques d’architecture. Il interroge leurs codes, leurs usages, leurs récits implicites, tout en expérimentant les possibilités offertes par ces outils dans une logique de positionnement conceptuel, esthétique et narratif.

Le semestre s’est déroulé sur six séances intensives, suivant une phases d’analyse, de cartographie, de production et de diffusion. À travers différents exercices successifs, les étudiants ont été amenés à construire une identité virtuelle singulière (sous la forme d’un compte ou d’un studio fictif), en capacité d’adopter une posture claire vis-à-vis de l’imaginaire synthétique architectural. Cette identité devait s’incarner dans un corpus d’images, une ligne éditoriale, un ancrage critique, et une stratégie de communication.

L’ensemble des productions réalisées durant le cours (grilles d’analyse, séries d’images, textes critiques, présentations, comptes Instagram) est archivé dans le dossier suivant : [DRIVE]

LES EXERCICES

Les deux premières séances du semestre ont été consacrées à trois exercices préparatoires. Pensés comme un préambule méthodologique, ils avaient pour fonction de poser les bases critiques, techniques et conceptuelles nécessaires au développement des projets individuels. Chacun d’eux abordait une facette spécifique du rapport contemporain entre architecture, image et intelligence artificielle.

 Exercice 1 — Analyse critique de comptes Instagram d’architecture synthétique

Objectif : Identifier les logiques esthétiques, narratives et stratégiques qui structurent l’écosystème visuel contemporain autour des images générées par IA dans le champ architectural.

Méthode : Chaque étudiant a analysé un compte Instagram dédié à la production d’images synthétiques d’architecture. Une grille d’analyse détaillée (plus de 100 critères quantifiables) a permis de mesurer le degré de réalisme, la construction du récit, les effets de cadrage, la matérialité, les signes d’artificialité, mais aussi la stratégie éditoriale et l’engagement discursif. L’objectif était de faire émerger les constantes stylistiques et les postures dominantes d’un champ en pleine mutation.

Résultat : Un ensemble de diagnostics critiques sur l’état actuel du paysage visuel synthétique, servant de base à la cartographie plus large développée par la suite.

Lien vers les résultats : [GOOGLE SHEET]

Lien vers les images collecté : [DRIVE]

Exercice 2 — Hybridation stylistique et exploration de l’espace latent

Objectif : Explorer les capacités stylistiques des modèles génératifs à travers la production d’intérieurs hybrides, et prendre en main MidJourney comme outil d’expérimentation visuelle.

Méthode : Chaque étudiant a d’abord choisi un style d’intérieur fortement caractérisé (baroque, brutaliste, scandinave, memphis, etc.), et généré une série d’images représentatives de ce style. Il s’agissait de produire des visuels cohérents, immersifs, incarnant un vocabulaire spatial reconnaissable. Dans un second temps, des hybridations entre styles ont été générées, permettant de visualiser la continuité stylistique dans l’espace latent : textures composites, géométries conflictuelles, effets d’ambivalence ou d’interférence.

Résultat : Un corpus riche d’intérieurs hybrides, aujourd’hui en cours de publication dans un projet éditorial autonome (article + compte Instagram dédié).

Lien vers les images produites : [DRIVE]

Lien vers la matrice d’hybridation : [DRIVE]

Ce travail fait actuellement l’objet d’une publication indépendante (brouillon).

Lien vers la publication en cours (texte de recherche) : [GOOGLE DOC]

Lien vers la publication en cours (visuels) : [PDF]

Lien vers le compte Instagram dédié : [LINK]

 Exercice 3 — Cartographie des imaginaires architecturaux

Objectif : Situer les productions contemporaines dans l’histoire longue des images d’architecture non construites, afin d’interroger les continuités et discontinuités qu’ouvrent les outils génératifs.

Méthode : À partir d’un corpus d’architectes historiques liés à l’architecture de papier (Piranesi, Archigram, Boullée, Superstudio, etc.), les étudiants ont compilé une centaine d’images qu’ils ont positionnées dans une matrice à trois axes :

  • Mimétique ↔ Altéré (forme et ressemblance au réel)
  • Réalisable ↔ Exploratoire (constructibilité)
  • Documentaire ↔ Narratif (fonction de l’image)

Cette cartographie a ensuite été appliquée aux images issues de l’exercice 1, afin de mettre en évidence des rapprochements ou des écarts dans les postures esthétiques et les régimes d’image.

Résultat : Une cartographie critique des imaginaires architecturaux contemporains, qui a servi de socle pour les positionnements conceptuels des projets finaux.

Lien vers les iconographies : [DRIVE]

Lien vers la matrices historique : [DRIVE]

Lien vers la matrices synthétique : [DRIVE]

LES PROJETS

La seconde moitié du semestre a été consacrée au développement d’un projet personnel. Chaque étudiant devait construire une position claire et critique face à l’image synthétique d’architecture, en élaborant un corpus d’images cohérent, un langage visuel spécifique et une stratégie de diffusion pertinente. Ce travail prenait la forme d’un compte fictif ou d’une entité virtuelle, permettant d’incarner une posture esthétique, politique ou spéculative dans le champ élargi de l’architecture contemporaine.

À l’issue du semestre, j’ai repris l’ensemble des projets pour en proposer une réécriture complète sous forme de textes de recherche-création. Cette reformulation me permet de consolider les intentions de chaque projet, de les clarifier, de les repositionner dans un cadre théorique plus large, et de les inscrire dans une perspective critique cohérente. Ces textes, conçus comme des micro-essais, font l’objet d’une publication en cours de finalisation.

Cette publication permet d’avoir une lecture synthétique et approfondie des projets, en éclairant les partis pris conceptuels, les ancrages historiques ou les références implicites parfois absentes des rendus d’origine.

Lien vers la compilation des textes de publication : [PDF]

 Rendus étudiants

L’ensemble des projets a donné lieu à un corpus visuel massif : plus de 26 000 images ont été générées, explorant des milliers de variations stylistiques, atmosphériques et programmatiques. Ce volume témoigne d’une pratique intensive de la génération comme méthode de recherche, mais aussi de la nécessité de construire une pensée critique au sein même de la prolifération visuelle.

La liste ci-dessous présente les résumés de l’ensemble des projets étudiants, accompagnés d’un lien vers leur rendu original.

Célestine Potin|Récits fantômes : activer l’esthétique de l’urbex par le mystère narratif

Ce projet invente la ruine d’un lieu qui n’a jamais existé, en détournant les codes de l’Urbex et de l’archive. Chaque image documente une mémoire fabriquée, où la ruine devient un support narratif autonome — non plus trace du passé, mais fiction plausible du réel.

Presentation de jury : [PDF]

Compte instagram : [LINK]

Lisa Schober|Changer de focale : repenser le point de vue en architecture générative

Ce projet détourne les conventions de représentation architecturale en générant des intérieurs vus depuis des perspectives déformées ou intrusives. Il interroge la manière dont le regard — humain ou algorithmique — structure notre rapport à l’espace, et révèle les tensions latentes entre vision, contrôle et inconfort perceptif.

Presentation de jury : [PDF]

Compte instagram : [LINK]

Mariia Fomina|Confort en tension : penser l’architecture à la jonction des opposés

Ce projet confronte des intérieurs luxueux à des environnements urbains hostiles, révélant l’absurdité d’un confort détaché de son contexte. Il met en scène une architecture du déni, où l’espace domestique devient une fiction éthique, aveugle à la réalité qui l’entoure.

Presentation de jury : [PDF]

Compte instagram : [LINK]

Matilde Arletti|Post-Anthropocentric Lab : imaginer l’habitat depuis une intelligence animale

Ce projet explore l’hypothèse d’une architecture conçue non plus pour les animaux, mais par les animaux. En traduisant par IA des logiques constructives issues du monde vivant, il interroge les limites du design anthropocentré et imagine des habitats spéculatifs, fondés sur d’autres intelligences spatiales. Une architecture sans intention humaine, mais riche d’une sensorialité étrangère.

Presentation de jury : [PDF]

Compte instagram : [LINK]

Ailyn Pieyre|Formes fossiles : chercher des signes d’architecture dans la nature post-humaine

Ce projet imagine des formes architecturales ambiguës, à mi-chemin entre ruine, artefact et formation naturelle. Il interroge notre besoin de projection, de sens, et de classification face à des structures sans origine ni fonction lisible — des architectures sans architecte, conçues pour résister à toute interprétation.

Presentation de jury : [PDF]

Compte instagram : [LINK]

Maxime Joost|MindSpaces : traduire une subjectivité en langage spatial

Ce projet explore la possibilité de traduire une personnalité ou une pensée en architecture intérieure. En interrogeant la cohérence esthétique entre disciplines, il propose l’espace comme un langage capable d’exprimer une subjectivité au même titre que la musique ou la peinture.

Presentation de jury : [PDF]

Compte instagram : [LINK]

Abena Otupiri|Frankenstructure : penser le vivant dans une architecture dotée de droits

Frankenstructure imagine l’émergence d’une architecture vivante, consciente et dotée de droits. À travers une fiction spéculative, il projette un basculement post-humain où les bâtiments ne sont plus conçus pour être habités, mais pour négocier leur propre existence au sein d’un écosystème spatial autonome.

Presentation de jury : [PDF]

Compte instagram : [LINK]

Karol Szmigielski|Expanded Truths : reconfigurer le réel par le cadrage spatial

Ce projet explore comment l’extension spatiale d’une image existante peut en modifier la lecture. En recontextualisant visuellement des scènes médiatiques, il interroge le rôle de l’architecture dans la fabrication du sens, révélant la puissance du cadrage comme outil narratif et politique.

Presentation de jury : [PDF]

Compte instagram : [LINK]

Kim Schönauer|Lisières perceptives : explorer les seuils d’existence de l’espace

Ce projet explore une architecture sans masse ni volume, fondée sur la lumière, la couleur et l’immersion sensorielle. En générant des environnements sans repères, il propose une spatialité latente et perceptive, où l’image ne représente plus un lieu, mais en devient l’expérience.

Presentation de jury : [PDF]

Compte instagram : [LINK]

Luisa Lukas|Programmatic Crash : confronter des typologies incompatibles dans l’espace latent

Ce projet confronte des programmes architecturaux aux représentations incompatibles, révélant les failles perceptives des modèles génératifs. En hybridant des catégories visuelles cloisonnées, il expose une crise de la représentation, et questionne nos propres limites à imaginer ce qui n’a jamais été vu ensemble.

Presentation de jury : [PDF]

Compte instagram : [LINK]

Paul Rigal|Habiter le vide : combler les interstices par une logique d’excavation

Ce projet explore les strates oubliées de la ville en faisant du vide un matériau architectural. En infiltrant les sous-sols, les absences et les cicatrices du territoire, il propose une esthétique de l’inframince et une politique du creux — où habiter devient un acte de révélation plutôt que de construction.

Presentation de jury : [PDF]

Compte instagram : [LINK]

Letizia Milone|Dérives du réel : vers une grammaire onirique de l’espace généré

Ce projet explore l’effondrement progressif du réel architectural dans une logique onirique. En partant de bâtiments existants, chaque séquence d’images glisse lentement vers l’irrationnel, simulant non un monde rêvé, mais le processus même du rêve. L’architecture devient un médium narratif instable, révélant sa capacité à traduire des états mentaux plutôt que des fonctions.

Presentation de jury : [PDF]

Compte instagram : [LINK]

Letizia Milone|Dérives du réel : vers une grammaire onirique de l’espace généré

Ce projet explore l’effondrement progressif du réel architectural dans une logique onirique. En partant de bâtiments existants, chaque séquence d’images glisse lentement vers l’irrationnel, simulant non un monde rêvé, mais le processus même du rêve. L’architecture devient un médium narratif instable, révélant sa capacité à traduire des états mentaux plutôt que des fonctions.

Presentation de jury : [PDF]

Compte instagram : [LINK]

Hugo Maia Schmitt|Inflatable Hack : interventions critiques dans l’espace public

Ce projet réactive la tradition des architectures gonflables comme forme douce de contestation. En occupant des espaces urbains invisibilisés, il transforme des objets légers en dispositifs critiques, mêlant désobéissance poétique, tactique médiatique et récit militant.

Presentation de jury : [PDF]

Compte instagram : [LINK]

Lina Laube|Structures insurgées : imaginer les restes d’une lutte à venir

Ce projet imagine une archéologie spéculative de l’architecture de protestation. En documentant les ruines fictives de structures dissidentes à venir, il explore l’espace comme tactique de résistance, entre mémoire anticipée et stratégie formelle.

Presentation de jury : [PDF]

Compte instagram : [LINK]

Architectural Latent Space

Cours de Master d’architecture d’intérieur (MAIA) à la HEAD – Genève

Syllabus

Descriptif et objectifs

L’essor de l’intelligence artificielle générative transforme en profondeur les modes de représentation et de conception architecturale. Loin d’être un simple outil, ces technologies modifient la relation entre l’image et l’architecture, ouvrant la voie à de nouvelles pratiques où le projet se construit autant par sa visualisation que par son éventuelle matérialisation.

Ce cours explore la manière dont l’image peut devenir un espace de recherche et de spéculation architecturale. Plutôt que d’opposer réalité et simulation, il interroge la nature même des images produites : leur statut, leur valeur architecturale et les imaginaires qu’elles convoquent. Comment ces représentations influencent-elles notre compréhension de l’espace ? Quelle part de vérité et de fiction véhiculent-elles ? Quels nouveaux paradigmes esthétiques et conceptuels émergent à travers elles ?

Dans ce cadre, les étudiants seront amenés à concevoir une agence virtuelle sur Instagram, ancrée dans une posture architecturale singulière. Chaque agence développera un positionnement spécifique vis-à-vis de l’image architecturale synthétique, interrogeant à la fois son degré de réalisme, son potentiel constructif et sa fonction narrative.

Ce travail se déroulera en plusieurs étapes : analyse des productions existantes, expérimentation et hybridation d’images via des outils génératifs, structuration d’une identité conceptuelle et mise en place d’une stratégie de diffusion. L’objectif final est de produire un corpus d’images architecturales cohérent et argumenté, capable de questionner les nouveaux territoires de l’architecture à l’ère des images générées.

Objectifs pédagogiques

– Comprendre et analyser les tendances actuelles de l’imagerie architecturale synthétique.

– Explorer l’impact des IA sur la conception et la perception des images d’architecture.

– Produire un corpus d’images architecturales hybrides, basé sur des hybridations stylistiques et conceptuelles.

– Définir une posture théorique et conceptuelle autour de l’architecture spéculative.

– Développer une stratégie de communication adaptée à la diffusion des images architecturales sur les réseaux sociaux.

Méthodes et outils

– Comprendre et analyser les tendances actuelles de l’imagerie architecturale synthétique.

– Explorer l’impact des IA sur la conception et la perception des images d’architecture.

– Produire un corpus d’images architecturales hybrides, basé sur des hybridations stylistiques et conceptuelles.

– Définir une posture théorique et conceptuelle autour de l’architecture spéculative.

– Développer une stratégie de communication adaptée à la diffusion des images architecturales sur les réseaux sociaux.

Évaluation et critères de validation

L’évaluation repose sur trois éléments :

– Participation et soumission des exercices d’introduction (analyse des comptes Instagram, génération d’images de styles, cartographie des références).

– Qualité générale du projet développé (cohérence conceptuelle, pertinence esthétique, structuration du corpus d’images).

– Qualité de la présentation finale (clarté du discours, structuration du support, capacité à défendre la démarche).

Exigences de participation

Présence sur site requise. L’assiduité et la participation aux enseignements font partie des éléments évalués.
Une absence à au moins 10% du cours (1 session) entraîne un travail supplémentaire. Une absence à au moins 30% du cours (3 sessions) entraîne un échec et une note de 1/6.

Rapport pédagogique

INTRODUCTION

Le cours Architectural Latent Space, explore les mutations contemporaines de l’image architecturale à l’ère des intelligences artificielles génératives. Il part du constat que dans un contexte où les représentations numériques acquièrent une autonomie croissante, l’architecture ne se donne plus seulement à construire, mais à percevoir, à raconter, à spéculer. Ce n’est plus seulement la forme bâtie qui fait projet, mais l’image elle-même, dans sa capacité à produire du sens, de la narration, de la tension.

Plutôt que de se focaliser sur les prouesses techniques des IA, ce module propose une lecture critique des images synthétiques d’architecture. Il interroge leurs codes, leurs usages, leurs récits implicites, tout en expérimentant les possibilités offertes par ces outils dans une logique de positionnement conceptuel, esthétique et narratif.

Le semestre s’est déroulé sur six séances intensives, suivant une phases d’analyse, de cartographie, de production et de diffusion. À travers différents exercices successifs, les étudiants ont été amenés à construire une identité virtuelle singulière (sous la forme d’un compte ou d’un studio fictif), en capacité d’adopter une posture claire vis-à-vis de l’imaginaire synthétique architectural. Cette identité devait s’incarner dans un corpus d’images, une ligne éditoriale, un ancrage critique, et une stratégie de communication.

L’ensemble des productions réalisées durant le cours (grilles d’analyse, séries d’images, textes critiques, présentations, comptes Instagram) est archivé dans le dossier suivant : [DRIVE]

LES EXERCICES

Les deux premières séances du semestre ont été consacrées à trois exercices préparatoires. Pensés comme un préambule méthodologique, ils avaient pour fonction de poser les bases critiques, techniques et conceptuelles nécessaires au développement des projets individuels. Chacun d’eux abordait une facette spécifique du rapport contemporain entre architecture, image et intelligence artificielle.

 Exercice 1 — Analyse critique de comptes Instagram d’architecture synthétique

Objectif : Identifier les logiques esthétiques, narratives et stratégiques qui structurent l’écosystème visuel contemporain autour des images générées par IA dans le champ architectural.

Méthode : Chaque étudiant a analysé un compte Instagram dédié à la production d’images synthétiques d’architecture. Une grille d’analyse détaillée (plus de 100 critères quantifiables) a permis de mesurer le degré de réalisme, la construction du récit, les effets de cadrage, la matérialité, les signes d’artificialité, mais aussi la stratégie éditoriale et l’engagement discursif. L’objectif était de faire émerger les constantes stylistiques et les postures dominantes d’un champ en pleine mutation.

Résultat : Un ensemble de diagnostics critiques sur l’état actuel du paysage visuel synthétique, servant de base à la cartographie plus large développée par la suite.

 

Lien vers les résultats : [GOOGLE SHEET]

Lien vers les images collecté : [DRIVE]

Exercice 2 — Hybridation stylistique et exploration de l’espace latent

Objectif : Explorer les capacités stylistiques des modèles génératifs à travers la production d’intérieurs hybrides, et prendre en main MidJourney comme outil d’expérimentation visuelle.

Méthode : Chaque étudiant a d’abord choisi un style d’intérieur fortement caractérisé (baroque, brutaliste, scandinave, memphis, etc.), et généré une série d’images représentatives de ce style. Il s’agissait de produire des visuels cohérents, immersifs, incarnant un vocabulaire spatial reconnaissable. Dans un second temps, des hybridations entre styles ont été générées, permettant de visualiser la continuité stylistique dans l’espace latent : textures composites, géométries conflictuelles, effets d’ambivalence ou d’interférence.

Résultat : Un corpus riche d’intérieurs hybrides, aujourd’hui en cours de publication dans un projet éditorial autonome (article + compte Instagram dédié).

Lien vers les images produites : [DRIVE]

Lien vers la matrice d’hybridation : [DRIVE]

Ce travail fait actuellement l’objet d’une publication indépendante (brouillon).

Lien vers la publication en cours (texte de recherche) : [GOOGLE DOC]

Lien vers la publication en cours (visuels) : [PDF]

Lien vers le compte Instagram dédié : [LINK]

 Exercice 3 — Cartographie des imaginaires architecturaux

Objectif : Situer les productions contemporaines dans l’histoire longue des images d’architecture non construites, afin d’interroger les continuités et discontinuités qu’ouvrent les outils génératifs.

Méthode : À partir d’un corpus d’architectes historiques liés à l’architecture de papier (Piranesi, Archigram, Boullée, Superstudio, etc.), les étudiants ont compilé une centaine d’images qu’ils ont positionnées dans une matrice à trois axes :

  • Mimétique ↔ Altéré (forme et ressemblance au réel)
  • Réalisable ↔ Exploratoire (constructibilité)
  • Documentaire ↔ Narratif (fonction de l’image)

Cette cartographie a ensuite été appliquée aux images issues de l’exercice 1, afin de mettre en évidence des rapprochements ou des écarts dans les postures esthétiques et les régimes d’image.

Résultat : Une cartographie critique des imaginaires architecturaux contemporains, qui a servi de socle pour les positionnements conceptuels des projets finaux.

Lien vers les iconographies : [DRIVE]

Lien vers la matrices historique : [DRIVE]

Lien vers la matrices synthétique : [DRIVE]

LES PROJETS

La seconde moitié du semestre a été consacrée au développement d’un projet personnel. Chaque étudiant devait construire une position claire et critique face à l’image synthétique d’architecture, en élaborant un corpus d’images cohérent, un langage visuel spécifique et une stratégie de diffusion pertinente. Ce travail prenait la forme d’un compte fictif ou d’une entité virtuelle, permettant d’incarner une posture esthétique, politique ou spéculative dans le champ élargi de l’architecture contemporaine.

À l’issue du semestre, j’ai repris l’ensemble des projets pour en proposer une réécriture complète sous forme de textes de recherche-création. Cette reformulation me permet de consolider les intentions de chaque projet, de les clarifier, de les repositionner dans un cadre théorique plus large, et de les inscrire dans une perspective critique cohérente. Ces textes, conçus comme des micro-essais, font l’objet d’une publication en cours de finalisation.

Cette publication permet d’avoir une lecture synthétique et approfondie des projets, en éclairant les partis pris conceptuels, les ancrages historiques ou les références implicites parfois absentes des rendus d’origine.

Lien vers la compilation des textes de publication : [PDF]

 Rendus étudiants

L’ensemble des projets a donné lieu à un corpus visuel massif : plus de 26 000 images ont été générées, explorant des milliers de variations stylistiques, atmosphériques et programmatiques. Ce volume témoigne d’une pratique intensive de la génération comme méthode de recherche, mais aussi de la nécessité de construire une pensée critique au sein même de la prolifération visuelle.

La liste ci-dessous présente les résumés de l’ensemble des projets étudiants, accompagnés d’un lien vers leur rendu original.

Célestine Potin|Récits fantômes : activer l’esthétique de l’urbex par le mystère narratif

Ce projet invente la ruine d’un lieu qui n’a jamais existé, en détournant les codes de l’Urbex et de l’archive. Chaque image documente une mémoire fabriquée, où la ruine devient un support narratif autonome — non plus trace du passé, mais fiction plausible du réel.

Presentation de jury : [PDF]

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Lisa Schober|Changer de focale : repenser le point de vue en architecture générative

Ce projet détourne les conventions de représentation architecturale en générant des intérieurs vus depuis des perspectives déformées ou intrusives. Il interroge la manière dont le regard — humain ou algorithmique — structure notre rapport à l’espace, et révèle les tensions latentes entre vision, contrôle et inconfort perceptif.

Presentation de jury : [PDF]

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Mariia Fomina|Confort en tension : penser l’architecture à la jonction des opposés

Ce projet confronte des intérieurs luxueux à des environnements urbains hostiles, révélant l’absurdité d’un confort détaché de son contexte. Il met en scène une architecture du déni, où l’espace domestique devient une fiction éthique, aveugle à la réalité qui l’entoure.

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Matilde Arletti|Post-Anthropocentric Lab : imaginer l’habitat depuis une intelligence animale

Ce projet explore l’hypothèse d’une architecture conçue non plus pour les animaux, mais par les animaux. En traduisant par IA des logiques constructives issues du monde vivant, il interroge les limites du design anthropocentré et imagine des habitats spéculatifs, fondés sur d’autres intelligences spatiales. Une architecture sans intention humaine, mais riche d’une sensorialité étrangère.

Presentation de jury : [PDF]

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Ailyn Pieyre|Formes fossiles : chercher des signes d’architecture dans la nature post-humaine

Ce projet imagine des formes architecturales ambiguës, à mi-chemin entre ruine, artefact et formation naturelle. Il interroge notre besoin de projection, de sens, et de classification face à des structures sans origine ni fonction lisible — des architectures sans architecte, conçues pour résister à toute interprétation.

Presentation de jury : [PDF]

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Maxime Joost|MindSpaces : traduire une subjectivité en langage spatial

Ce projet explore la possibilité de traduire une personnalité ou une pensée en architecture intérieure. En interrogeant la cohérence esthétique entre disciplines, il propose l’espace comme un langage capable d’exprimer une subjectivité au même titre que la musique ou la peinture.

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Abena Otupiri|Frankenstructure : penser le vivant dans une architecture dotée de droits

Frankenstructure imagine l’émergence d’une architecture vivante, consciente et dotée de droits. À travers une fiction spéculative, il projette un basculement post-humain où les bâtiments ne sont plus conçus pour être habités, mais pour négocier leur propre existence au sein d’un écosystème spatial autonome.

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Karol Szmigielski|Expanded Truths : reconfigurer le réel par le cadrage spatial

Ce projet explore comment l’extension spatiale d’une image existante peut en modifier la lecture. En recontextualisant visuellement des scènes médiatiques, il interroge le rôle de l’architecture dans la fabrication du sens, révélant la puissance du cadrage comme outil narratif et politique.

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Kim Schönauer|Lisières perceptives : explorer les seuils d’existence de l’espace

Ce projet explore une architecture sans masse ni volume, fondée sur la lumière, la couleur et l’immersion sensorielle. En générant des environnements sans repères, il propose une spatialité latente et perceptive, où l’image ne représente plus un lieu, mais en devient l’expérience.

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Luisa Lukas|Programmatic Crash : confronter des typologies incompatibles dans l’espace latent

Ce projet confronte des programmes architecturaux aux représentations incompatibles, révélant les failles perceptives des modèles génératifs. En hybridant des catégories visuelles cloisonnées, il expose une crise de la représentation, et questionne nos propres limites à imaginer ce qui n’a jamais été vu ensemble.

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Paul Rigal|Habiter le vide : combler les interstices par une logique d’excavation

Ce projet explore les strates oubliées de la ville en faisant du vide un matériau architectural. En infiltrant les sous-sols, les absences et les cicatrices du territoire, il propose une esthétique de l’inframince et une politique du creux — où habiter devient un acte de révélation plutôt que de construction.

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Letizia Milone|Dérives du réel : vers une grammaire onirique de l’espace généré

Ce projet explore l’effondrement progressif du réel architectural dans une logique onirique. En partant de bâtiments existants, chaque séquence d’images glisse lentement vers l’irrationnel, simulant non un monde rêvé, mais le processus même du rêve. L’architecture devient un médium narratif instable, révélant sa capacité à traduire des états mentaux plutôt que des fonctions.

Presentation de jury : [PDF]

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Letizia Milone|Dérives du réel : vers une grammaire onirique de l’espace généré

Ce projet explore l’effondrement progressif du réel architectural dans une logique onirique. En partant de bâtiments existants, chaque séquence d’images glisse lentement vers l’irrationnel, simulant non un monde rêvé, mais le processus même du rêve. L’architecture devient un médium narratif instable, révélant sa capacité à traduire des états mentaux plutôt que des fonctions.

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Hugo Maia Schmitt|Inflatable Hack : interventions critiques dans l’espace public

Ce projet réactive la tradition des architectures gonflables comme forme douce de contestation. En occupant des espaces urbains invisibilisés, il transforme des objets légers en dispositifs critiques, mêlant désobéissance poétique, tactique médiatique et récit militant.

Presentation de jury : [PDF]

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Lina Laube|Structures insurgées : imaginer les restes d’une lutte à venir

Ce projet imagine une archéologie spéculative de l’architecture de protestation. En documentant les ruines fictives de structures dissidentes à venir, il explore l’espace comme tactique de résistance, entre mémoire anticipée et stratégie formelle.

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Architectural Latent Space

Cours de Master d’architecture d’intérieur (MAIA) à la HEAD – Genève

Syllabus

Descriptif et objectifs

L’essor de l’intelligence artificielle générative transforme en profondeur les modes de représentation et de conception architecturale. Loin d’être un simple outil, ces technologies modifient la relation entre l’image et l’architecture, ouvrant la voie à de nouvelles pratiques où le projet se construit autant par sa visualisation que par son éventuelle matérialisation.

Ce cours explore la manière dont l’image peut devenir un espace de recherche et de spéculation architecturale. Plutôt que d’opposer réalité et simulation, il interroge la nature même des images produites : leur statut, leur valeur architecturale et les imaginaires qu’elles convoquent. Comment ces représentations influencent-elles notre compréhension de l’espace ? Quelle part de vérité et de fiction véhiculent-elles ? Quels nouveaux paradigmes esthétiques et conceptuels émergent à travers elles ?

Dans ce cadre, les étudiants seront amenés à concevoir une agence virtuelle sur Instagram, ancrée dans une posture architecturale singulière. Chaque agence développera un positionnement spécifique vis-à-vis de l’image architecturale synthétique, interrogeant à la fois son degré de réalisme, son potentiel constructif et sa fonction narrative.

Ce travail se déroulera en plusieurs étapes : analyse des productions existantes, expérimentation et hybridation d’images via des outils génératifs, structuration d’une identité conceptuelle et mise en place d’une stratégie de diffusion. L’objectif final est de produire un corpus d’images architecturales cohérent et argumenté, capable de questionner les nouveaux territoires de l’architecture à l’ère des images générées.

Objectifs pédagogiques

– Comprendre et analyser les tendances actuelles de l’imagerie architecturale synthétique.

– Explorer l’impact des IA sur la conception et la perception des images d’architecture.

– Produire un corpus d’images architecturales hybrides, basé sur des hybridations stylistiques et conceptuelles.

– Définir une posture théorique et conceptuelle autour de l’architecture spéculative.

– Développer une stratégie de communication adaptée à la diffusion des images architecturales sur les réseaux sociaux.

Méthodes et outils

– Comprendre et analyser les tendances actuelles de l’imagerie architecturale synthétique.

– Explorer l’impact des IA sur la conception et la perception des images d’architecture.

– Produire un corpus d’images architecturales hybrides, basé sur des hybridations stylistiques et conceptuelles.

– Définir une posture théorique et conceptuelle autour de l’architecture spéculative.

– Développer une stratégie de communication adaptée à la diffusion des images architecturales sur les réseaux sociaux.

Évaluation et critères de validation

L’évaluation repose sur trois éléments :

– Participation et soumission des exercices d’introduction (analyse des comptes Instagram, génération d’images de styles, cartographie des références).

– Qualité générale du projet développé (cohérence conceptuelle, pertinence esthétique, structuration du corpus d’images).

– Qualité de la présentation finale (clarté du discours, structuration du support, capacité à défendre la démarche).

Exigences de participation

Présence sur site requise. L’assiduité et la participation aux enseignements font partie des éléments évalués.
Une absence à au moins 10% du cours (1 session) entraîne un travail supplémentaire. Une absence à au moins 30% du cours (3 sessions) entraîne un échec et une note de 1/6.

Rapport pédagogique

INTRODUCTION

Le cours Architectural Latent Space, explore les mutations contemporaines de l’image architecturale à l’ère des intelligences artificielles génératives. Il part du constat que dans un contexte où les représentations numériques acquièrent une autonomie croissante, l’architecture ne se donne plus seulement à construire, mais à percevoir, à raconter, à spéculer. Ce n’est plus seulement la forme bâtie qui fait projet, mais l’image elle-même, dans sa capacité à produire du sens, de la narration, de la tension.

Plutôt que de se focaliser sur les prouesses techniques des IA, ce module propose une lecture critique des images synthétiques d’architecture. Il interroge leurs codes, leurs usages, leurs récits implicites, tout en expérimentant les possibilités offertes par ces outils dans une logique de positionnement conceptuel, esthétique et narratif.

Le semestre s’est déroulé sur six séances intensives, suivant une phases d’analyse, de cartographie, de production et de diffusion. À travers différents exercices successifs, les étudiants ont été amenés à construire une identité virtuelle singulière (sous la forme d’un compte ou d’un studio fictif), en capacité d’adopter une posture claire vis-à-vis de l’imaginaire synthétique architectural. Cette identité devait s’incarner dans un corpus d’images, une ligne éditoriale, un ancrage critique, et une stratégie de communication.

L’ensemble des productions réalisées durant le cours (grilles d’analyse, séries d’images, textes critiques, présentations, comptes Instagram) est archivé dans le dossier suivant : [DRIVE]

LES EXERCICES

Les deux premières séances du semestre ont été consacrées à trois exercices préparatoires. Pensés comme un préambule méthodologique, ils avaient pour fonction de poser les bases critiques, techniques et conceptuelles nécessaires au développement des projets individuels. Chacun d’eux abordait une facette spécifique du rapport contemporain entre architecture, image et intelligence artificielle.

 Exercice 1 — Analyse critique de comptes Instagram d’architecture synthétique

Objectif : Identifier les logiques esthétiques, narratives et stratégiques qui structurent l’écosystème visuel contemporain autour des images générées par IA dans le champ architectural.

Méthode : Chaque étudiant a analysé un compte Instagram dédié à la production d’images synthétiques d’architecture. Une grille d’analyse détaillée (plus de 100 critères quantifiables) a permis de mesurer le degré de réalisme, la construction du récit, les effets de cadrage, la matérialité, les signes d’artificialité, mais aussi la stratégie éditoriale et l’engagement discursif. L’objectif était de faire émerger les constantes stylistiques et les postures dominantes d’un champ en pleine mutation.

Résultat : Un ensemble de diagnostics critiques sur l’état actuel du paysage visuel synthétique, servant de base à la cartographie plus large développée par la suite.

 

Lien vers les résultats : [GOOGLE SHEET]

Lien vers les images collecté : [DRIVE]

Exercice 2 — Hybridation stylistique et exploration de l’espace latent

Objectif : Explorer les capacités stylistiques des modèles génératifs à travers la production d’intérieurs hybrides, et prendre en main MidJourney comme outil d’expérimentation visuelle.

Méthode : Chaque étudiant a d’abord choisi un style d’intérieur fortement caractérisé (baroque, brutaliste, scandinave, memphis, etc.), et généré une série d’images représentatives de ce style. Il s’agissait de produire des visuels cohérents, immersifs, incarnant un vocabulaire spatial reconnaissable. Dans un second temps, des hybridations entre styles ont été générées, permettant de visualiser la continuité stylistique dans l’espace latent : textures composites, géométries conflictuelles, effets d’ambivalence ou d’interférence.

Résultat : Un corpus riche d’intérieurs hybrides, aujourd’hui en cours de publication dans un projet éditorial autonome (article + compte Instagram dédié).

Lien vers les images produites : [DRIVE]

Lien vers la matrice d’hybridation : [DRIVE]

Ce travail fait actuellement l’objet d’une publication indépendante (brouillon).

Lien vers la publication en cours (texte de recherche) : [GOOGLE DOC]

Lien vers la publication en cours (visuels) : [PDF]

Lien vers le compte Instagram dédié : [LINK]

 Exercice 3 — Cartographie des imaginaires architecturaux

Objectif : Situer les productions contemporaines dans l’histoire longue des images d’architecture non construites, afin d’interroger les continuités et discontinuités qu’ouvrent les outils génératifs.

Méthode : À partir d’un corpus d’architectes historiques liés à l’architecture de papier (Piranesi, Archigram, Boullée, Superstudio, etc.), les étudiants ont compilé une centaine d’images qu’ils ont positionnées dans une matrice à trois axes :

  • Mimétique ↔ Altéré (forme et ressemblance au réel)
  • Réalisable ↔ Exploratoire (constructibilité)
  • Documentaire ↔ Narratif (fonction de l’image)

Cette cartographie a ensuite été appliquée aux images issues de l’exercice 1, afin de mettre en évidence des rapprochements ou des écarts dans les postures esthétiques et les régimes d’image.

Résultat : Une cartographie critique des imaginaires architecturaux contemporains, qui a servi de socle pour les positionnements conceptuels des projets finaux.

Lien vers les iconographies : [DRIVE]

Lien vers la matrices historique : [DRIVE]

Lien vers la matrices synthétique : [DRIVE]

LES PROJETS

La seconde moitié du semestre a été consacrée au développement d’un projet personnel. Chaque étudiant devait construire une position claire et critique face à l’image synthétique d’architecture, en élaborant un corpus d’images cohérent, un langage visuel spécifique et une stratégie de diffusion pertinente. Ce travail prenait la forme d’un compte fictif ou d’une entité virtuelle, permettant d’incarner une posture esthétique, politique ou spéculative dans le champ élargi de l’architecture contemporaine.

À l’issue du semestre, j’ai repris l’ensemble des projets pour en proposer une réécriture complète sous forme de textes de recherche-création. Cette reformulation me permet de consolider les intentions de chaque projet, de les clarifier, de les repositionner dans un cadre théorique plus large, et de les inscrire dans une perspective critique cohérente. Ces textes, conçus comme des micro-essais, font l’objet d’une publication en cours de finalisation.

Cette publication permet d’avoir une lecture synthétique et approfondie des projets, en éclairant les partis pris conceptuels, les ancrages historiques ou les références implicites parfois absentes des rendus d’origine.

Lien vers la compilation des textes de publication : [PDF]

 Rendus étudiants

L’ensemble des projets a donné lieu à un corpus visuel massif : plus de 26 000 images ont été générées, explorant des milliers de variations stylistiques, atmosphériques et programmatiques. Ce volume témoigne d’une pratique intensive de la génération comme méthode de recherche, mais aussi de la nécessité de construire une pensée critique au sein même de la prolifération visuelle.

La liste ci-dessous présente les résumés de l’ensemble des projets étudiants, accompagnés d’un lien vers leur rendu original.

Célestine Potin|Récits fantômes : activer l’esthétique de l’urbex par le mystère narratif

Ce projet invente la ruine d’un lieu qui n’a jamais existé, en détournant les codes de l’Urbex et de l’archive. Chaque image documente une mémoire fabriquée, où la ruine devient un support narratif autonome — non plus trace du passé, mais fiction plausible du réel.

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Lisa Schober|Changer de focale : repenser le point de vue en architecture générative

Ce projet détourne les conventions de représentation architecturale en générant des intérieurs vus depuis des perspectives déformées ou intrusives. Il interroge la manière dont le regard — humain ou algorithmique — structure notre rapport à l’espace, et révèle les tensions latentes entre vision, contrôle et inconfort perceptif.

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Mariia Fomina|Confort en tension : penser l’architecture à la jonction des opposés

Ce projet confronte des intérieurs luxueux à des environnements urbains hostiles, révélant l’absurdité d’un confort détaché de son contexte. Il met en scène une architecture du déni, où l’espace domestique devient une fiction éthique, aveugle à la réalité qui l’entoure.

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Matilde Arletti|Post-Anthropocentric Lab : imaginer l’habitat depuis une intelligence animale

Ce projet explore l’hypothèse d’une architecture conçue non plus pour les animaux, mais par les animaux. En traduisant par IA des logiques constructives issues du monde vivant, il interroge les limites du design anthropocentré et imagine des habitats spéculatifs, fondés sur d’autres intelligences spatiales. Une architecture sans intention humaine, mais riche d’une sensorialité étrangère.

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Ailyn Pieyre|Formes fossiles : chercher des signes d’architecture dans la nature post-humaine

Ce projet imagine des formes architecturales ambiguës, à mi-chemin entre ruine, artefact et formation naturelle. Il interroge notre besoin de projection, de sens, et de classification face à des structures sans origine ni fonction lisible — des architectures sans architecte, conçues pour résister à toute interprétation.

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Maxime Joost|MindSpaces : traduire une subjectivité en langage spatial

Ce projet explore la possibilité de traduire une personnalité ou une pensée en architecture intérieure. En interrogeant la cohérence esthétique entre disciplines, il propose l’espace comme un langage capable d’exprimer une subjectivité au même titre que la musique ou la peinture.

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Abena Otupiri|Frankenstructure : penser le vivant dans une architecture dotée de droits

Frankenstructure imagine l’émergence d’une architecture vivante, consciente et dotée de droits. À travers une fiction spéculative, il projette un basculement post-humain où les bâtiments ne sont plus conçus pour être habités, mais pour négocier leur propre existence au sein d’un écosystème spatial autonome.

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Karol Szmigielski|Expanded Truths : reconfigurer le réel par le cadrage spatial

Ce projet explore comment l’extension spatiale d’une image existante peut en modifier la lecture. En recontextualisant visuellement des scènes médiatiques, il interroge le rôle de l’architecture dans la fabrication du sens, révélant la puissance du cadrage comme outil narratif et politique.

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Kim Schönauer|Lisières perceptives : explorer les seuils d’existence de l’espace

Ce projet explore une architecture sans masse ni volume, fondée sur la lumière, la couleur et l’immersion sensorielle. En générant des environnements sans repères, il propose une spatialité latente et perceptive, où l’image ne représente plus un lieu, mais en devient l’expérience.

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Luisa Lukas|Programmatic Crash : confronter des typologies incompatibles dans l’espace latent

Ce projet confronte des programmes architecturaux aux représentations incompatibles, révélant les failles perceptives des modèles génératifs. En hybridant des catégories visuelles cloisonnées, il expose une crise de la représentation, et questionne nos propres limites à imaginer ce qui n’a jamais été vu ensemble.

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Paul Rigal|Habiter le vide : combler les interstices par une logique d’excavation

Ce projet explore les strates oubliées de la ville en faisant du vide un matériau architectural. En infiltrant les sous-sols, les absences et les cicatrices du territoire, il propose une esthétique de l’inframince et une politique du creux — où habiter devient un acte de révélation plutôt que de construction.

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Letizia Milone|Dérives du réel : vers une grammaire onirique de l’espace généré

Ce projet explore l’effondrement progressif du réel architectural dans une logique onirique. En partant de bâtiments existants, chaque séquence d’images glisse lentement vers l’irrationnel, simulant non un monde rêvé, mais le processus même du rêve. L’architecture devient un médium narratif instable, révélant sa capacité à traduire des états mentaux plutôt que des fonctions.

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Letizia Milone|Dérives du réel : vers une grammaire onirique de l’espace généré

Ce projet explore l’effondrement progressif du réel architectural dans une logique onirique. En partant de bâtiments existants, chaque séquence d’images glisse lentement vers l’irrationnel, simulant non un monde rêvé, mais le processus même du rêve. L’architecture devient un médium narratif instable, révélant sa capacité à traduire des états mentaux plutôt que des fonctions.

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Hugo Maia Schmitt|Inflatable Hack : interventions critiques dans l’espace public

Ce projet réactive la tradition des architectures gonflables comme forme douce de contestation. En occupant des espaces urbains invisibilisés, il transforme des objets légers en dispositifs critiques, mêlant désobéissance poétique, tactique médiatique et récit militant.

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Lina Laube|Structures insurgées : imaginer les restes d’une lutte à venir

Ce projet imagine une archéologie spéculative de l’architecture de protestation. En documentant les ruines fictives de structures dissidentes à venir, il explore l’espace comme tactique de résistance, entre mémoire anticipée et stratégie formelle.

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